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À la rencontre de Brieg Guerveno

Il aurait du faire la tournée des festivals cette année avec son 4e album ‘Vel Ma Vin, vous pourrez découvrir 3 de ses morceaux à NoBorder Embarqué vendredi à 21h, en attendant, nous avons posé quelques questions à Brieg Guerveno.

NoBorder est le festival des musiques populaires du monde, et je voulais savoir quel était ton rapport aux musiques populaires ?

J’ai grandi dans la musique bretonne, j’ai commencé la musique par la musique bretonne, j’ai grandi dans une famille de musiciens, de chanteurs de Kan Ha Diskan et de gens qui jouaient dans des bagadoù, j’ai commencé la musique par la musique bretonne. Mais parallèlement à ça, j’ai grandi dans les musiques pop, rock anglo-saxonnes, et mon coeur s’est davantage porté sur ces musiques-là. Mais je garde une oreille sur tout ce qui se fait en Bretagne en matière de musique bretonne et suis ouvert sur les musiques en général.
Avec mon dernier album, je suis dans la chanson bretonne plutôt que dans la musique traditionnelle, je ne dirais pas que mon projet s’inscrit dans cette lignée. Même si ces musiques sont une partie de ma filiation, je ne pense pas en être le porteur. Je me définis plutôt comme un songwriter en langue bretonne, un folksinger, et avant tout un musicien.

On sait que la langue bretonne fait danser, Krismenn nous a montré qu’elle était parfaite pour le rap, comment le folksinger que tu es définirait la musicalité de cette langue dans ses chansons ?

Ça a été un travail de longue haleine sur ces 10 dernières années de trouver ma façon de chanter, ma façon d’aborder la langue bretonne dans ces musiques-là, et de répondre à certaines problématiques d’expression en langue bretonne que j’ai pu rencontrer sur des musiques comme celles-là. Avec cet album, je pense que j’ai vraiment réussi à trouver la voix et la façon de chanter la langue bretonne qui me correspondait. Je remarque que partout où je passe, les gens sont sensibles à ma façon de chanter. Ça renvoie aux gens une autre manière de voir la langue bretonne. La plupart des gens qui m’écoutent et qui viennent à mes concerts ne sont pas du tout bretonnants. Souvent ils me disent qu’ils ne pensaient pas qu’on pouvait chanter la langue bretonne comme ça. Ça surprend les gens, et en même temps malgré l’incompréhension, la langue est porteuse d’émotion, les gens ressentent l’émotion inhérente à la musique et aux couleurs de la langue.
La langue bretonne de prime abord, de part sa tonicité, se prête assez bien aux musiques actuelles, aussi bien au rap qu’au folk. Krismenn l’a démontré et je trouve que dans le hip-hop ça marche vraiment très très bien. Je n’ai pas tout à fait la même démarche de Krismenn, je garde la tonicité de la langue mais je l’assouplis un peu, je garde des syllabes plus longues pour être dans un format plus pop.

Parle-nous un peu de ce 4e album justement

C’est un tournant musical pour moi. Sur mes précédents albums j’étais plutôt sur un registre assez rock-métal. Ça fait plusieurs années que j’ai une attirance pour les musiques folk, l’ambient, et les esthétiques un peu nordiques, avec des groupes comme Sigur Ros. C’est déjà ce que je défendais dans mon rock, mais là j’avais envie de les défendre autrement. Je pense que ça a été des choix esthétiques par rapport à ma voix, car je me suis rendu compte que j’étais meilleur chanteur quand je n’avais pas de section rythmique qui avait tendance à cloisonner un peu ma voix. Le fait de travailler avec des cordes et des instruments plus éthérés laisse plus de place à mon chant. C’est vraiment une révolution interne, un chamboulement dans ma carrière, qui est plutôt bien perçu. Il est sorti en janvier dernier, et il a tout de suite reçu un très bon accueil de la part de la presse et des festivals. Que ce soit les Transmusicales ou les Vieilles Charrues, tous ont été unanimes, à la fois sur l’album et sur le groupe qui m’accompagne. C’est vrai que ça fait vraiment plaisir, et on a hâte de pouvoir jouer devant des gens maintenant. On avait 25 dates cette année et on a pu en faire que 3. Ça devient un peu rageant. On a vraiment envie que les gens découvrent cet album sur scène, parce qu’on a envie de jouer, tout simplement ! On veut nous faire croire que les musiciens peuvent se passer du spectacle vivant, qu’ils pourraient s’en sortir en tirant leurs revenus uniquement du streaming, ce qui est complètement hypocrite. Il est grand temps que les spectacles reprennent et que les gens puissent retrouver le plaisir de l’écoute en live.

Comment tu envisages le tournage à Brest avec Vincent Moon et Priscilla Telmon ?

J’adore le support vidéo, j’ai tourné des clips moi-même. On a tourné un live à l’Ubu pour les Trans. Je connais tous les techniciens là-bas, c’est un peu la famille, c’était super et ça a eu un vrai impact.
Pour Brest, je vais me laisser guider. J’ai regardé ce que Vincent Moon avait pu faire pour la Blogothèque, et j’ai commencé à réfléchir à ce qu’on allait pouvoir faire. On vit un peu les choses comme elles viennent en ce moment !

Peux-tu nous partager 5 morceaux auxquels tu tiens ?

New Model – The Hunt
The Cure – Lovesong
Burzum – Dunkelheit
Jerry Lee Lewis – Great Balls Of Fire
The Beatles – Lucy In The Sky With Diamonds
Le film de Vincent Moon et Priscilla Telmon sur Brieg Guerveno

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